Deux frères

Gilles Cervera

COLLECTION BOQUIM

 

 


LE LIVRE

Roman
18 x 12 cm
144 pages
Reliure brochée
ISBN 979-10-92521-24-5

LE LIVRE

Deux frères habitent une vie puisée aux mêmes valeurs et aux mêmes douleurs. Leur père a disparu très tôt qui laisse les modèles dans les limbes. Et surtout les trois ou quatre ans entre eux ne leur donnent du monde que des images inversées. Comme si depuis l’hémisphère sud les choses à l’endroit au nord étaient à la renverse. Heureusement que l’axe du monde est plus fiable et moins friable que la fraternité ! Le père est mort d’un cancer que l’un des frères a, quelques décennies après, rejoint. Est-ce dans l’inépuisable encrier de la jalousie que s’épuise le puîné à vouloir, sans passer par la case Cancer, jouer à ce drôle de jeu de l’Oie où l’on retrouve autant de Bretagne que de Languedoc, autant de vérité que de mort escamotée, autant de genévriers que de genêts ? Cette histoire est un roman de fraternité fratricide, ou l’inverse. Un roman d’aujourd’hui où l’on retrouve le combat entre les tenants du diésel et les autres, et le point d’accord nostalgique des petits jouets Norev ou Dinky-Toys. Ce roman court deux lièvres à la fois, la fraternité donc et l’irradiation d’un astre mort.

L’AUTEUR

Gilles Cervera vit entre Bretagne et Languedoc. Né le 14 septembre 1954, il est d’abord instituteur puis psychologue. Il devient responsable d’institutions psychothérapiques ou de protection de l’enfance. Il tente d’exercer les trois métiers impossibles (de Freud): éducateur, soignant et parent (il a deux fils) ! Il est aujourd’hui dégagé de la responsabilité institutionnelle tout en y travaillant encore en tant que psychanalyste-consultant. Il a publié Si proche sous le porche des yeux, poèmes, éd. Les Paragraphes littéraires de Paris, 1979 ; Negrões, la mémoire blanche, en collaboration avec le photographe Gérard Fourel, éd. Le Petit Démon, 2004 ; Travailler ensemble, un défi pour le médicosocial: Complexité et altérité, essai, éd. Érès (collectif), 2013; Le Diagnostic participatif, essai, éd. L’Harmattan, 2013; L’Enfant du monde, coll. Boquim, éd. Vagamundo, 2016.

EXTRAIT

Le grand a grandi, aussi le petit. Le grand a cumulé dès le début les colères. Insensées, terrifiantes, rancunières. Il détestait. Une spécialité du grand, la détestation. Notamment la vieille, trois maisons plus loin que la leur. Elle disait qu’il était dehors quand il se prétendait dedans. Sorti quand pas. Elle le dénonçait à la mère. Elle caftait, voilà ce qu’il détestait le plus, ces adultes, des bonnes femmes, des toupies liguées contre lui, à surveiller ses faits et gestes. Le petit s’enroulait dans les jupes de la voisine à trois maisons. Une grand-tante. Il suçait les coquilles qu’elle avait ramassées dans les vases, nettoyées, brossées et que la vieille femme, un âge d’éternité la nomme vieille alors qu’elle ne l’était sans doute pas tant, remplissait de sucre caramélisé. Elle le colorait de sirop d’orgeat, de grenadine ou de menthe parfois, rouges ou vertes coquilles. Sa langue à les lécher prenait la couleur du sucre, rouge, orange ou vert. Il aimait moins la menthe, ça pique plus. Le petit n’aimait pas ce qui pique.

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