Revue de Presse

L’histoire des Deux Ange évoquée par Yuna

Membre particulièrement impliqué au sein de la commission Penzance du comité de jumelage Yuna Jean-Fauré s’apprête à publier En Quête des Deux Ange.

Un titre insolite pour ce récit qui, pas à pas, fait cheminer le lecteur à la rencontre de personnages attachants et où l’auteur, au sein d’événements réels, heureux, dramatiques ou drôles, tente de retrouver le sillage d’un petit bateau de la grande Histoire, Les Deux Ange, jusqu’au dénouement de l’enquête.

« Les Deux Ange, c’est ce bateau construit par Ange Belligo et Ange Rio, pêcheurs morbihannais, qui va occuper un rôle considérable durant la Seconde Guerre mondiale. Durant le conflit, il aura pour port d’attache Pont-Aven et verra un S final se greffer à son nom de baptême qui berça mon enfance », explique Yuna Jean-Fauré qui voit le jour à Pontivy en 1936. Les étés d’avant-guerre se nourriront d’escapades familiales à Gâvres et d’excursions dans la petite mer à bord des Deux Ange.

Agents de la Résistance

Près de 70 ans plus tard débute une enquête, afin de retracer le périple de ce bateau de 8 m qui permit d’extraire de France vers l’Angleterre des agents de la Résistance. « J’ai ainsi pris contact avec les témoins de cette époque, dont le vécu nourrit le récit de ce livre. J’ai rencontré le fils du colonel Rémy, des résistants de Quiberon, de Pontivy, comme Guy Lechat, le bras droit du colonel Rémy. Les entretiens téléphoniques se sont multipliés, tout comme les rencontres incroyables. Au terme de trois années de recherches, près de 50 témoins ont ainsi apporté leur pierre à l’édifice de cette enquête », explique la responsable de la commission Penzance.

Documents authentiques

La photo de couverture plante le décor. Celle où, en 1938, sa soeur repeint les lettres du Deux Ange. D’autres documents authentiques lui parviennent, comme cette rencontre, au large des Glénan, entre Les Deux Ange et le bateau N51 commandé par le résistant pontavéniste Daniel Lomenech au moment du transbordement des passagers qui vont ainsi pouvoir rallier l’Angleterre au terme de leur mission et communiquer des renseignements précieux.

« 75 ans après les faits la passion autour de ce bateau, qui a accompli 18 missions, est toujours intacte », témoigne Yuna Jean-Fauré qui lance, dès à présent, la campagne de souscription de l’ouvrage de 192 pages publié chez Vagamundo.

Contact@vagamundo.fr Tarif : 23 €. Bulletin sur demande.

Source  Ouest-France 15 mars 2017

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Revue de presse Muriel Jaër

Dans la danse

Il n’y a pas de vie ordinaire. Pas non plus de vie extraordinaire sauf celle de chacun.

Les éditions Vagamundo réussissent régulièrement ce tour de force d’ainsi convoquer dans des livres des récits de vie. Peut-être fera-t-on dans quelques décennies appel à ce corpus littéraire en train de se constituer sur les rives de l’Aven pour des anthropologies étranges, des ethnologies bizarres qui ne tiennent d’aucune de ces spécialités hormis celle du bizarre.

Exemple, le livre scientifiquement étayé des vingt derniers mois de la vie de Gauguin (Paul Gauguin & les Marquises : Paradis trouvé ? de Caroline Boyle-Turner). Il en a déjà été fait mention sur Bretagne Actuelle. Ou dans la même Collection Viatim où ce livre sort, Dieu dansera ta vie de Muriel Jaër, celui consacré à l’immigration portugaise d’Isabel Mateus (Maria, Manuel et les Autres).

Le livre de Muriel Jaër, en est-ce un ? Oui si l’on accepte de dire qu’un livre c’est une somme de pages, 456 à tourner, des chapitres qui s’égrènent et un récit qu’étaye un appareil très documenté de l’auteure, entre autres, sous toutes ses coutures, de face, de profil et de feu car Muriel Jaër est d’abord danseuse. Ses images dansent, photos étranges (de Bernard Boisson, Étienne Bertrand Weill etc.) de la disparition du corps. Le mouvement l’emportant.

Muriel Jaër est la danseuse d’une vie faite de mille vies. D’un manège à mille cadences ! Vie visible ou  vie invisible, touchant au spirite, au spiritisme ou au spirituel. Jaër a mille vies comme Shiva a mille bras. Elle est née en 1930 et a parcouru tous les mondes du monde. Née à Londres, de parents français, jeunesse aux États-Unis, à Guingamp aussi, initiée en Inde, touchée par des grâces, Jaër est au centre d’un récit dont elle est aussi la périphérie. Défile un long fleuve de paroles, peu écrit, il ne l’est pas puisque ce livre est comme on raconte sa vie. Cela ressort-il de l’art brut de faire de sa vie une esthétique ? En tout cas, la narration est une tentative de tout rassembler. C’est quelquefois faute de s’être couché sur un divan que l’envie de refaire sans trier le long parcours d’une vie vient !

Vagamundo a ce mérite de trouver de ces figures singulières qui ne ressemblent qu’à elles-mêmes, logées entre les couches du rationnel et de l’irrationnel, entre les ondes du karma et le souffranciel, se tirant de maladies par l’incantatoire ou le spirituel où les chiffres coïncident avec les rencontres. A ici lieu une mathématique dont ni Blaise Pascal ni Newton ne répondent mais des maîtres yogis !

Muriel Jaër n’est pas l’auteure d’un livre sur sa vie mais d’une vie qui se livre. On y croise Maria-Helena Vieira da Silva, Roger Bissière, Edgar Varèse et bien d’autres amis artistes et maîtres qui ont côtoyé et enrichi sa vie. L’auteure a appris de tellement, parlé à tant et a tant voulu transmettre !

Est-ce de l’écriture brute ? Pas d’autre trace en tout cas que le feu qui suit et qui précède une Inde imaginaire et, semble-il, trouvée.

Gilles Cervera

source  Bretagne actuelle publié le 30 janvier 2017

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