Entendre la danse avec Giacinto Scelsi

Giacinto Scelsi © Vagamundo

La musique a besoin du Son
mais le Son peut exister sans la musique
La religion a besoin de la Mystique
mais la Mystique peut exister sans la religion.

Giacinto Scelsi, Force cosmique

Après de longues années de silence, il m’est venu soudain un immense désir de te faire revivre en moi, cher Giacinto. Ta silhouette se dresse inaltérée, incroyablement vivante, celle qui m’attendait en haut des escaliers dans l’entrée de l’hôtel Raphaël à Paris, lors de notre toute première rencontre. Sur-le-champ je t’avais reconnu : ces cheveux d’une blancheur immaculée et ces grands yeux bleus, si bouleversants, où se reflétaient les moindres nuances de ton être, l’œil droit noyé dans une souffrance intense, l’œil gauche happé par une lumière d’outre-terre ; ton front bombé de mystique, en contradiction avec une bouche tortueuse qui avait tant de mal à s’accommoder des lois de la terre, et ton profil au nez aquilin, celui de ces oiseaux rares qui vivent en solitaires perchés sur les cimes les plus hautes. J’en ai découvert à plus de 4 500 mètres dans les Himalayas. Giacinto, incarnation si puissante dans un corps si fragile ! C’était à l’automne 1961.

Muriel Jaër in Dieu dansera ta vie, éditions Vagamundo 2017

Hommage à Giacinto Scelsi sur France Musique, 12 décembre 2018.

Le Cri des flammes

Cristina Isabel de Melo

et Pedro Costa Gomes

Préfaces de Marc Weymuller et Max Roche


LE LIVRE

Recueil de poèmes et photographies (à paraître en décembre 2018)
20 x 20 cm
112 pages (édition bilingue portugais-français)
ISBN 979-10-92521-26-9

Les poèmes de Cristina Isabel de Melo ponctuent les magnifiques et terribles photographies de Pedro Costa Gomes, réalisées en janvier 2018, dans la région Nord-Centre du Portugal, particulièrement frappée par les incendies d’octobre 2017. En solidarité avec le Portugal meurtri par les incendies de l’année 2017, les éditions Vagamundo reverseront une partie des ventes de l’ouvrage à la Croix Rouge Portugaise (Cruz Vermelha Portuguesa) et à la Ligue des Pompiers Portugais (Liga dos Bombeiros Portugueses).

Le présent ouvrage est sponsorisé par le groupe Eiffage, la société Norscut, concessionnaire de l’autoroute A24 au Portugal, le cabinet d’avocats Morais Leitão Legal Circle et le groupe Mazars.

L’AUTEUR

Cristina Isabel de Melo est née le 19 juin 1967, à Barreiro, au Portugal. Elle vit à Pont-Aven. Plasticienne et poète, elle est également traductrice de Philippe Jaccottet, Nuno Júdice, Maria Gabriela Llansol, Manuel Gusmão, etc. Ses écrits ont été édités sous forme de livres d’artiste confidentiels et dans quelques anthologies et revues. En 2005, elle devient l’assistante de Miriam Cendrars qu’elle a accompagnée pendant dix ans dans la gestion de l’oeuvre de son père, l’écrivain Blaise Cendrars. Elle a créé, en 2009, les éditions Vagamundo mue par un désir de traduire et publier des œuvres d’auteurs lusophones et francophones. En 2016, elle lance une nouvelle maison d’édition sous la marque Melo Éditrice, essentiellement dédiée aux livres d’art.

LE PHOTOGRAPHE

Pedro Costa Gomes est né à Viseu, au Portugal, en 1977. Il est photographe depuis 2004, après avoir fait des études de journalisme et de philosophie à l’Université de Coimbra, et de photographie à l’École CENJOR, à Lisbonne. Il travaille au Caire, en Égypte, pour l’Agence France Press, l’Union Européenne, les Nations Unies, les agences allemandes GIZ (Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit) et KFW (Kreditanstalt für Wiederaufbau). Il collabore régulièrement à des projets pour les groupes Philips, Vinci Constructions et d’autres entreprises.

EXTRAIT

le feu
les flammes
l’incendie
le bûcher

noir
châtiment
des âmes
que le vent charrie

pour quel crime ?

et la flamme de vie ?

qui l’a étouffée ?

Puis il mourut

Jeanne Landre

19 €   Commander ce livre avant parution au prix de 18 € avec frais d’envoi offerts (soit 4 € de remise). Offre valable jusqu’au 31/01/2019. 

Code promo LANDRE

LE LIVRE

Roman (à paraître en mars 2019)
19 x 13 cm
256 pages reliées
ISBN 979-10-92521-31-3

Réédition d’un roman relatant la correspondance amoureuse et finement érotique entre une marraine de guerre (Raymonde) et un Poilu (Jacques), sous la plume libre et audacieuse de Jeanne Landre, romancière populaire de Montmartre. L’ouvrage paraît en 1916, aux éditions La Renaissance du livre, et devient très vite un succès, notamment dans les tranchées où la guerre fait rage.
Puis il mourut de Jeanne Landre est sorti des tréfonds de la mémoire grâce à l’ouvrage Milec le soldat méconnu de Soizick Le Pautremat, publié en 2017 aux éditions Vagamundo.

L’AUTEUR

Jeanne Landre (1874-1936) était une journaliste française, critique et romancière née à Montmartre, où elle fréquenta de nombreux artistes. En 1925, elle reçut la Légion d’Honneur et occupa la vice-présidence de la Société des Gens de Lettres. Elle publia de son vivant plus d’une quarantaine de titres très remarqués par la critique.

EXTRAIT

Dites, ma trop désirée, voulez-vous m’envoyer encore autre chose de vous ? Quelque chose de vous qui m’apportera un peu plus de vous, de votre présence ? Quoi ? Eh, le sais-je ! Que m’importe pourvu que vous sachiez choisir quelque chose qui soit encore vous. Tenez, un de vos bas de soie, par exemple. J’ai chipé un rhume dans ces ignobles trous où les champignons nous poussent sur la poitrine, et les bonnes femmes assurent, dans leurs conseils, que le meilleur remède est un bas de femme autour du cou. Voulez-vous me prêter cette cravate ? J’aimerais certes mieux qu’elle me parvînt avec les fines jambes de la propriétaire dedans, mais je tâcherai de retrouver la forme du pied menu, l’étroitesse de la cheville, la rondeur du mollet, et je mettrai mes lèvres ardentes là où vos jolies cuisses se nichent, je penserai aux jarretelles que je jalouse, ces jarretelles à la fois guides et obstacles, jusqu’au moment où les doigts fébriles découvrent le petit truc qui les déclenche et que le fabricant sait varier à l’infini, rien que pour faire rager les amoureux…

Atelier Musique Vagamundo

 

ATELIER MUSIQUE VAGAMUNDO

À partir du 22 novembre 2018.

Une initiative des éditions Vagamundo.
Cours de musique Vents et Piano avec Nicolas Bellec pour enfants et adultes de tout niveau.
Apprentissage du solfège intégré progressivement à la pratique de l’instrument choisi.
Pratique d’ensemble en petit orchestre.
Parcours découverte de différents instruments de musique et chant pour les 7-10 ans.
Nicolas Bellec est clarinettiste (Médaille d’or de clarinette du Conservatoire de Brest) et pratique aussi d’autres instruments à vent. Il est professeur de musique Diplômé d’État et titulaire d’une Maîtrise de musicologie. Il enseigne la musique depuis vingt ans et se produit régulièrement dans des ensembles de musique classique et de jazz.
Les cours seront dispensés tous les jeudis (hors vacances scolaires), dans la Salle de musique de la mairie de Pont-Aven, 29 Rue Louis Lomenech.
Instruments enseignés :
– Clarinette
– Flûte à bec, flûte irlandaise, flûte traversière
– Saxophone
– Trompette
– Cornet à pistons
– Trombone
– Piano
Renseignements et inscriptions :
Tél. 02 98 09 15 03

Plossu Paris — Un coup de cœur Vagamundo

Plossu Paris

Plossu Paris

Plossu Paris

Textes d’Isabelle Huppert et Brigitte Ollier
Éditions MarVal-rueVisconti

2018 — 445 pages au format 21 x 18 cm

Les Éditions MarVal-rueVisconti présentent une somme magnifique et rétrospective de l’œuvre photographique de Bernard Plossu consacrée, exclusivement pour ce livre, à la ville de Paris. L’auteur en parle ainsi :

Paris est la ville que j’ai habitée enfant, et elle a toujours beaucoup compté pour moi. J’ai toujours photographié Paris, même enfant, avec un Brownie flash en couleur ; puis je l’ai filmée en 8 mm et super 8…

Paris Plossu — pp. 142-143

Voilà un corpus couvrant une période de soixante années de photographies (de 1957 à 2017) ! Voyage topographique autant qu’historique auquel nous sommes conviés. Et certes, en plus d’un demi siècle, le monde a changé, ses automobiles, son architecture, son atmosphère… mais une constante demeure par l’émerveillement du regard amoureux du photographe depuis sa jeunesse jusqu’à aujourd’hui. Amoureux, le mot est-il trop fort ? C’est lui-même qui écrit :

Paris est une ville féminine, totalement, absolument (…) L’élégance des femmes, même avec trois fois rien, y est unique au monde. Paris est sensuelle, chic, gracieuse…

L’identification de la ville à une figure féminine se traduit de toutes les manières. Par les sujets, tout d’abord : nombreuses sont les élégantes saisies dans leurs mouvements fugaces, mais aussi et surtout par la délicatesse d’un regard qui n’est jamais prédateur. Architecture, ombres et lumières, et atmosphères constituent un portrait diffracté de mille manières. Bernard Plossu n’oublie pas ses frères de peine et de labeur, les ouvriers, les livreurs… Et par dessus tout, la figure du passant qui est peut-être l’alter ego du photographe.

Si la plupart des images sont en noir et blanc, bien reproduites en bichromie dans l’ouvrage, on y découvre aussi quelques superbes images en couleurs issues de tirages par le procédé de l’atelier Fresson.

La ville de Paris, plus qu’aucune autre, se prête à la flânerie et pour dresser son portrait, loin des clichés éculés, encore faut-il demeurer en quête de petits moments incisifs, et demeurer toujours en état de hasard photographique comme il le dit lui-même. Ce livre est le reflet sensible d’une ville autant que celui du regard d’un auteur qui de longue date n’a rien à prouver, mais à éprouver. C’est à ce partage du regard, de l’esprit et du cœur auquel nous sommes conviés par ce beau livre.

Laurent Brunet
Critique d’art indépendant et  éditeur de la revue d’art Lisières

Plossu Paris — 4ème de couverture

Plossu Paris — 1ère de couverture

Revue de Presse

L’histoire des Deux Ange évoquée par Yuna

Membre particulièrement impliqué au sein de la commission Penzance du comité de jumelage Yuna Jean-Fauré s’apprête à publier En Quête des Deux Ange.

Un titre insolite pour ce récit qui, pas à pas, fait cheminer le lecteur à la rencontre de personnages attachants et où l’auteur, au sein d’événements réels, heureux, dramatiques ou drôles, tente de retrouver le sillage d’un petit bateau de la grande Histoire, Les Deux Ange, jusqu’au dénouement de l’enquête.

« Les Deux Ange, c’est ce bateau construit par Ange Belligo et Ange Rio, pêcheurs morbihannais, qui va occuper un rôle considérable durant la Seconde Guerre mondiale. Durant le conflit, il aura pour port d’attache Pont-Aven et verra un S final se greffer à son nom de baptême qui berça mon enfance », explique Yuna Jean-Fauré qui voit le jour à Pontivy en 1936. Les étés d’avant-guerre se nourriront d’escapades familiales à Gâvres et d’excursions dans la petite mer à bord des Deux Ange.

Agents de la Résistance

Près de 70 ans plus tard débute une enquête, afin de retracer le périple de ce bateau de 8 m qui permit d’extraire de France vers l’Angleterre des agents de la Résistance. « J’ai ainsi pris contact avec les témoins de cette époque, dont le vécu nourrit le récit de ce livre. J’ai rencontré le fils du colonel Rémy, des résistants de Quiberon, de Pontivy, comme Guy Lechat, le bras droit du colonel Rémy. Les entretiens téléphoniques se sont multipliés, tout comme les rencontres incroyables. Au terme de trois années de recherches, près de 50 témoins ont ainsi apporté leur pierre à l’édifice de cette enquête », explique la responsable de la commission Penzance.

Documents authentiques

La photo de couverture plante le décor. Celle où, en 1938, sa soeur repeint les lettres du Deux Ange. D’autres documents authentiques lui parviennent, comme cette rencontre, au large des Glénan, entre Les Deux Ange et le bateau N51 commandé par le résistant pontavéniste Daniel Lomenech au moment du transbordement des passagers qui vont ainsi pouvoir rallier l’Angleterre au terme de leur mission et communiquer des renseignements précieux.

« 75 ans après les faits la passion autour de ce bateau, qui a accompli 18 missions, est toujours intacte », témoigne Yuna Jean-Fauré qui lance, dès à présent, la campagne de souscription de l’ouvrage de 192 pages publié chez Vagamundo.

Contact@vagamundo.fr Tarif : 23 €. Bulletin sur demande.

Source  Ouest-France 15 mars 2017

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Revue de presse Muriel Jaër

Dans la danse

Il n’y a pas de vie ordinaire. Pas non plus de vie extraordinaire sauf celle de chacun.

Les éditions Vagamundo réussissent régulièrement ce tour de force d’ainsi convoquer dans des livres des récits de vie. Peut-être fera-t-on dans quelques décennies appel à ce corpus littéraire en train de se constituer sur les rives de l’Aven pour des anthropologies étranges, des ethnologies bizarres qui ne tiennent d’aucune de ces spécialités hormis celle du bizarre.

Exemple, le livre scientifiquement étayé des vingt derniers mois de la vie de Gauguin (Paul Gauguin & les Marquises : Paradis trouvé ? de Caroline Boyle-Turner). Il en a déjà été fait mention sur Bretagne Actuelle. Ou dans la même Collection Viatim où ce livre sort, Dieu dansera ta vie de Muriel Jaër, celui consacré à l’immigration portugaise d’Isabel Mateus (Maria, Manuel et les Autres).

Le livre de Muriel Jaër, en est-ce un ? Oui si l’on accepte de dire qu’un livre c’est une somme de pages, 456 à tourner, des chapitres qui s’égrènent et un récit qu’étaye un appareil très documenté de l’auteure, entre autres, sous toutes ses coutures, de face, de profil et de feu car Muriel Jaër est d’abord danseuse. Ses images dansent, photos étranges (de Bernard Boisson, Étienne Bertrand Weill etc.) de la disparition du corps. Le mouvement l’emportant.

Muriel Jaër est la danseuse d’une vie faite de mille vies. D’un manège à mille cadences ! Vie visible ou  vie invisible, touchant au spirite, au spiritisme ou au spirituel. Jaër a mille vies comme Shiva a mille bras. Elle est née en 1930 et a parcouru tous les mondes du monde. Née à Londres, de parents français, jeunesse aux États-Unis, à Guingamp aussi, initiée en Inde, touchée par des grâces, Jaër est au centre d’un récit dont elle est aussi la périphérie. Défile un long fleuve de paroles, peu écrit, il ne l’est pas puisque ce livre est comme on raconte sa vie. Cela ressort-il de l’art brut de faire de sa vie une esthétique ? En tout cas, la narration est une tentative de tout rassembler. C’est quelquefois faute de s’être couché sur un divan que l’envie de refaire sans trier le long parcours d’une vie vient !

Vagamundo a ce mérite de trouver de ces figures singulières qui ne ressemblent qu’à elles-mêmes, logées entre les couches du rationnel et de l’irrationnel, entre les ondes du karma et le souffranciel, se tirant de maladies par l’incantatoire ou le spirituel où les chiffres coïncident avec les rencontres. A ici lieu une mathématique dont ni Blaise Pascal ni Newton ne répondent mais des maîtres yogis !

Muriel Jaër n’est pas l’auteure d’un livre sur sa vie mais d’une vie qui se livre. On y croise Maria-Helena Vieira da Silva, Roger Bissière, Edgar Varèse et bien d’autres amis artistes et maîtres qui ont côtoyé et enrichi sa vie. L’auteure a appris de tellement, parlé à tant et a tant voulu transmettre !

Est-ce de l’écriture brute ? Pas d’autre trace en tout cas que le feu qui suit et qui précède une Inde imaginaire et, semble-il, trouvée.

Gilles Cervera

source  Bretagne actuelle publié le 30 janvier 2017

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